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Un open space efficace repose sur une densité maîtrisée et un bruit traité

Anaëlle Giraud-Queneau 8 min de lecture
Aménagement open space : open space calme avec traitement acoustique et phone box

Un aménagement open space réussi ne consiste pas à installer le plus grand nombre de bureaux sur un plateau. Il doit permettre aux équipes de se voir, d’échanger et de travailler sans subir les appels, les interruptions, les reflets sur écran ou le manque d’intimité. La méthode commence par les usages réels : qui collabore, qui téléphone, qui traite des informations sensibles et qui a besoin de longues séquences de concentration.

Partir des usages avant de dessiner les postes

L’open space facilite la circulation de l’information et s’adapte plus facilement qu’une succession de bureaux fermés. En contrepartie, il expose davantage aux nuisances sonores, aux sollicitations imprévues et à une sensation de surveillance permanente. L’enjeu consiste donc à répartir les activités dans des espaces adaptés, plutôt qu’à opposer systématiquement plateau ouvert et bureaux cloisonnés.

Regrouper les équipes selon leur rythme de travail

Placez à proximité les collaborateurs qui doivent se coordonner fréquemment, comme une équipe projet, un pôle commercial ou une cellule de production. À l’inverse, évitez de juxtaposer une activité très téléphonique et des fonctions qui exigent silence et précision. Les postes de management, de ressources humaines ou de direction nécessitent souvent un espace isolé, ou au minimum un accès immédiat à une salle confidentielle.

Un bon plan distingue les zones animées, les zones calmes et les espaces de passage. Cette lecture est plus utile qu’un découpage strict par service : deux personnes du même département peuvent avoir des besoins opposés si l’une enchaîne les visioconférences tandis que l’autre analyse des dossiers complexes.

Prévoir plusieurs façons de travailler

Un plateau ouvert équilibré comporte des postes partagés, mais aussi des salles de réunion, une zone de détente, des espaces de concentration et des phone box pour les appels ou les visioconférences. Ces espaces de retrait ne sont pas accessoires. Ils évitent que les conversations se déplacent au milieu des benchs et rendent l’open space praticable au quotidien.

Prévoyez aussi des espaces tampons entre les usages : un seuil calme avant une cabine, un petit espace d’attente devant une salle ou une séparation entre l’accueil et les postes. Ces respirations limitent la propagation des sons et des mouvements. Elles laissent également aux collaborateurs le temps de choisir le bon lieu avant d’interrompre leurs collègues.

Dimensionner le plateau sans sacrifier la circulation

Avant de choisir le mobilier, relevez les dimensions précises du local, les ouvertures, les poteaux, les accès, les radiateurs, les prises, les arrivées réseau et les contraintes d’accessibilité. Ajoutez les dimensions réelles des bureaux, sièges, rangements et cloisons. Un plan séduisant sur écran devient vite impraticable si les reculs de chaise, les portes de placard et les cheminements ont été oubliés.

Type d’espace Repère de surface cité par Isospace Lecture pratique
Bureau individuel Environ 10 m² par personne À adapter au mobilier, au rangement et au besoin de confidentialité.
Open space ou bureau collectif Environ 11 m² par personne Repère incluant une logique d’usage collectif, à vérifier selon le plan.
Espace collectif bruyant Environ 15 m² par personne Une marge supérieure devient nécessaire lorsque les échanges sont nombreux.

Ces valeurs sont des repères de conception, pas une recette universelle. Selon les mêmes repères, un open space confortable atteint environ 10 m² par poste lorsque les espaces partagés sont intégrés. Le calcul doit donc porter sur l’ensemble du projet : postes, circulation, salles, bulles, rangements et espaces de convivialité. Une densité trop élevée réduit les possibilités de retrait et augmente les nuisances, tandis qu’une surface trop importante alourdit le coût immobilier.

Choisir une implantation cohérente avec le lieu

L’implantation linéaire convient aux plateaux longs et réguliers. Elle simplifie le câblage et clarifie les circulations. Les configurations en rosace ou en marguerite favorisent davantage les échanges au sein de petits groupes, mais demandent une attention particulière aux passages et à l’orientation des écrans. Dans tous les cas, les benchs gagnent à être installés près des façades bénéficiant de lumière naturelle, sans placer les écrans face aux fenêtres ni dos à une source lumineuse trop directe.

Traiter le bruit et la confidentialité comme des fonctions centrales

Le bruit est un point faible fréquent des bureaux collectifs. Une conversation voisine peut entraîner 30 % d’erreurs supplémentaires, selon une étude citée par Wikipédia. Même sans mesurer chaque décibel, ce chiffre invite à traiter simultanément la source sonore, son trajet et la possibilité de s’isoler.

Combiner plusieurs solutions acoustiques

Les panneaux acoustiques muraux, suspendus ou sur pieds absorbent une partie des réverbérations. Les cloisonnettes entre les postes réduisent la sensation d’exposition, tandis qu’un revêtement de sol acoustique ou une moquette épaisse atténue les bruits d’impact. Le mobilier rembourré et les rideaux participent aussi à l’absorption.

Aucun équipement ne remplace toutefois une organisation cohérente des activités. Installer un panneau dans une zone où les appels s’enchaînent ne suffit pas. Il faut éloigner les postes très téléphoniques des espaces de concentration, limiter les circulations devant les bureaux et prévoir des lieux où les échanges peuvent avoir lieu sans gêner le reste du plateau. Un diagnostic acoustique peut aider à repérer les sources de nuisance et les zones à traiter en priorité.

Rendre les échanges sensibles réellement possibles

Une phone box individuelle répond aux appels courts et aux visioconférences. Pour un entretien, un échange RH, une négociation ou une réunion de travail, prévoyez une pièce fermée adaptée. Les cloisons vitrées préservent la lumière tout en délimitant l’espace. Une vitrophanie ou un film semi-opaque réduit l’exposition visuelle permanente. Des rangements sécurisés complètent le dispositif pour les documents confidentiels.

Choisir un mobilier qui soutient l’ergonomie et l’évolution des équipes

Le mobilier professionnel doit être robuste, réglable et proportionné à l’espace. Un bureau bench optimise la surface pour les équipes sédentaires, à condition de prévoir une gestion discrète des câbles et une séparation légère lorsque les tâches demandent de la concentration. Un bureau assis-debout peut convenir à des usages variés, sans devenir une obligation uniforme.

  • Choisissez des sièges réglables pour adapter l’assise, le dossier et les accoudoirs à chaque utilisateur.
  • Prévoyez des rangements de proximité pour éviter l’encombrement visuel des plateaux.
  • Réservez les meubles sur roulettes aux espaces qui doivent être reconfigurés fréquemment.
  • Anticipez les prises électriques, le réseau, les écrans partagés et la visioconférence avant la pose du mobilier.
  • Privilégiez des cloisons amovibles lorsque l’organisation est susceptible d’évoluer.

La lumière complète cette approche ergonomique. Les écrans doivent être orientés pour limiter les reflets et l’éblouissement, avec un éclairage d’appoint réglable lorsque la lumière naturelle manque. Les repères cités par Isospace mentionnent un minimum de 120 lux dans les locaux de travail et une recommandation de 300 à 500 lux pour le travail sur écran.

La ventilation doit également être intégrée au projet. Le même contenu évoque environ 25 m³ d’air neuf par heure et par personne pour des bureaux sans pollution particulière. Ces paramètres se vérifient avant l’installation, car une modification du mobilier ou des cloisons peut influencer la circulation de l’air et l’accès aux équipements.

Arbitrer entre open space, flex office et accompagnement de projet

Un open space attribue généralement un poste à chaque collaborateur dans un espace collectif. Le flex office repose sur des bureaux non attitrés et suppose des règles de réservation, des casiers personnels, une politique de présence claire et suffisamment de lieux pour accueillir les différents usages. Il n’est pertinent que si le travail hybride, les rotations d’équipes et l’adhésion des salariés le justifient. Sinon, un open space bien zoné est souvent plus simple à vivre.

Pour un déménagement, une rénovation ou une forte croissance, l’intervention d’un space planner, d’un architecte ou d’un bureau d’études aide à traduire les besoins en plans exploitables. Le processus peut suivre plusieurs étapes : diagnostic des usages, relevé du site, scénarios d’implantation, validation du mobilier et des solutions techniques, puis coordination de l’installation.

Associer les futurs utilisateurs à cette phase permet de détecter des besoins invisibles sur un plan : niveau sonore, accès aux équipements, besoins sensoriels, rangement ou confidentialité. Cette concertation évite de découvrir les problèmes après l’emménagement et facilite les arbitrages entre densité, confort et flexibilité.

Avant de valider le projet, vérifiez cinq points : chaque équipe dispose-t-elle du bon niveau de proximité ? Les appels ont-ils un lieu dédié ? Les cheminements restent-ils fluides ? Les écrans sont-ils protégés des reflets ? Les espaces peuvent-ils évoluer sans refaire tout le plateau ? Cette capacité d’adaptation transforme un simple bureau ouvert en espace de travail fonctionnel.

Anaëlle Giraud-Queneau

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